Le blog de Docteur Dréossi

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lundi 30 juin 2008

Boute-en-train

« Un contrôle raté, une frappe à côté, huuuuum...laisse-moi deviner : toi t'es Bryan Bergougnoux ? »

Troisième et dernier volet de la saga Disney.

C'est pas le tout, mais si je suis ami avec François-Henri Picsou, c'est pas pour ouvrir une cellule psychologique pour joueurs en détresse. Il a quand même fallu qu'on teste tout Disney. Pour une fois qu'on pouvait casser le matériel, on a essayé de pas se priver. Il y avait un jeu où fallait frapper comme un bourrin dans un ballon pour gagner des points. C'est comme ça que Teddy Bertin a été repéré donc faut pas se manquer. Il a fallu désigner notre champion. J'ai laissé Guylak se démerder. Il a balayé les joueurs du regard et s'est arrêté sur Didot. Etienne a souri, il savait que Guy n'était pas si mauvais que ça. « Mbia, c'est pour toi. » Jolie la passe aveugle sans ballon de Guylak pour Bia, qui était à l'opposé de Didot quand même. Steph, il est persuadé d'avoir une grosse frappe. Un peu enveloppée, à la limite.

J'étais pas vraiment convaincu par ce choix de champion, jusqu'à ce qu'il arrive devant la machine, fasse deux passements de jambes, tente de piquer son ballon et s'écroule sur le sol en réclamant une faute. Là bizarrement, j'étais plus du tout convaincu. « Si vous voulez je peux peut-être servir à quelque chose ». Quand on lui a dit qu'il pouvait, Fabrice Catherine a enfilé ses gants, ses crampons et a demandé au coach des goals des conseils sur la façon d'aborder un tel événement. Moi, des gens qui s'impliquent à fond, ça me touche. Il a peut-être la force de frappe d'Arnaud Le Lan mais quand on fait appel à lui, il répond présent ce gardien. Cela dit, on a jamais pu savoir, on l'a jamais appelé.

En fait, Disney, c'est pas fait pour réconcilier Bourillon et Moreira avec le football, ni pour frapper dans un ballon qui, je suis sûr, n'a rien fait. Disney, c'est La Mecque de la sensation forte Médine Marne-la-Vallée. Du coup, on a testé le train fantôme. Pour évaluer le courage de tes joueurs, c'est l'idéal même si je pars du principe que si tu joues au Stade Rennais, t'es forcément courageux. Au moment de faire les équipes, on a eu un petit problème : on a tous voulu aller avec Cheyrou. Les wagons, ça avait beau être des breaks, y avait que de la place pour deux. Avec Bruno, au moins, t'étais sûr qu'on te foute la paix : entre fantômes, on se fait pas de crasses. Le train avait démarré depuis quelques secondes, d'un coup on a fait marche arrière. C'est Petter qui poussait le train dans l'autre sens, il avait oublié un truc à la caisse et voulait pas qu'on parte sans lui. Au final, comme Petter était au premier rang, il a fait flipper tous les méchants du tunnel. Du coup j'ai pas trop pu tester ma tactique avec Cheyrou. Oui, parce que c'est moi qui ai eu le dernier mot. Je reste le boss.

Pour finir, on est allé prendre le train de la mine. Ou plutôt : on est allé prendre une mine dans le train. C'est Etienne qui a un peu changé le concept. A la sortie, Guylak a pensé que c'était le bon moment pour lui demander quel club il voulait rejoindre. « Je pars à Toulouse loooolec'h ptdrann ! » Mouss Tâche, il a pas fallu lui dire deux fois, il a appelé Sadran. 20 minutes plus tard, le transfert était bouclé. Ca, pour déconner, il a déconné Etienne. Et jamais un lendemain de cuite ne lui aura été aussi difficile.

vendredi 20 juin 2008

Disney en tête à tête

Supierre Dréossi !

(aussi soigné qu'un tir de Bia, plus précis qu'une frappe de Briand, l'image ci-dessus vous est offerte par l'amicale des tireurs d'élite du Stade Rennais)

Magie de Disney, devinez qui l'on croise ? Boubou. Pas étonnant de le voir au pays de Bambi quand on a l’agressivité d’un petit Ourson. Grâce au Stade Rennais, je bénéficie d'un congé maladie, offert d'office à quiconque supporte le club. Mais en bon Stankoviste (du nom d'un ancien mineur de jeu soviétique), j’ai quand même pris soin de m'occuper de Gregou. Assurer le service après-vente de nos joueurs, c'est un peu mon nouveau job.

« Pierre, je veux tout plaquer. J'ai perdu mon football. » C’est triste. Mais que dire du football qui va sûrement perdre Bourillon ? C’est pas triste. Au moins, en passant d'espoir du football à retraité, on pourra pas dire que Boubou n'a pas franchi de pallier. En montant à Paris, il a juste pris l'ascenseur. « En une année dans ce club, j'ai pris dix ans. PSG, un autre monde, ok, mais abusé le décalage horaire de neuf ans. En plus, avec Villeneuve, on prend un mauvais virage. » Les blagues, c'est comme les mains, faut les signaler seulement quand elles sont volontaires.

Sous nos yeux, un bambin. Courant à Disney. Un bambin avec un maillot de Bourillon sur les épaules. Courant nulle part. « Je dois traverser Disney avec la crête de Lamine Sahko sans qu'on me dise que je suis ridicule. » Complètement béat, Bourillon préfèrer fixer la tunique du môme. « Le maillot ? Attendez, ne vous moquez pas. En fait, comme j'ai triché, je dois partir avec un handicap. » Boubou a pété un câble. Et quand Boubou pète un câble, il fronce les sourcils. Autrement dit, à part Riri, Fifi et Loulou, il a fait flipper personne.

Je suis pas si pourri que ça, j'essaie de lui remonter le moral à zéro. « Greg, sache que l’année prochaine, si le PSG descend en Ligue 2, on pensera à toi. » Il n'avait pas été autant heureux que depuis le jour où Ribéry lui avait promis que pour une fois, il ne lui ferait pas perdre son slip en le dribblant. « Si mon club descend en Ligue 2, ça voudrait dire que... Pierre, je te rappelle que je suis au PSG alors prépare mon contrat, je serai forcément de retouuur, ah ah ah ! ». Tout ça en rigolant et en me tapant sur l'épaule. Il a cru que j'étais son pote ou quoi ? « Mais qui te parle de revenir ? On a juste préparé une petite stèle en la mémoire du joueur de foot que tu étais. »

Daniel, qui rôdait tel le renard qu'il n'est pas, n’a pas apprécié ma façon de faire en matière de service après-vente des joueurs. « Vous abusez pour la stèle dédiée à Greg, nan ? » Hum. Je crois que je tiens déjà mon meilleur client pour l'année prochaine. « T’en fais pas, la tienne est en construction. En cours de finition. Tu sais, ceux auxquels t’es jamais venu. » Daniel, il a au moins ce don de Dieuze : il imite très bien Didier (l'homme-chien, pas DJ Drogba ça se saurait). Un soir, à Caen, il s’est retrouvé sur un terrain de Ligue 1 sans trop savoir pourquoi. A son entrée, tout le public s’est moqué de lui. A la dernière seconde du match, le ballon a rebondi sur sa gueule. Ça a fait but dans la foulée. Il a rien compris à ce qu’il se passait, mais il était content. Du Didier tout craché. Avec moins de flair, en moins technique et plus velu. Ok, les Portugais poilus, c'est un gros cliché. Mais les attaquants qui marquent aussi, alors. Enfin, Moreira n'est pas vraiment Portugais. De là à dire qu'il n'est pas vraiment attaquant, il y a un gouffre à franchir que je franchis les yeux fermés sur une jambe.

samedi 31 mai 2008

Fête de fin d'année

Empêcher ces Lillois briseurs de rêves de jouer l’Europe en mettant à l’amende des Nancéens briseurs de jambes, voilà ce qu’on appelle faire de Pierre un bon coup. Quel pied mes amis, quel pied. Non, je ne suis pas rancunier. La preuve, je tire mon chapeau à Nicolas Fauvergue. Deux buts cette saison, un bilan éclatant. C’est deux de plus que Simon Pouplin, sachant que lui en plus, il en encaisse. Pour finir en beauté, soldat Ravera a porté l'estocade finale sur Correa. Ce mec, c'est une poupée russe. Il est tout rond et à l'intérieur de lui, t'as l'impression que t'as trois ou quatre petits Pablo Correa qui se débattent pour sortir.

Bon, bilan : la Ligue 1, elle ferait bien de s’acheter une logique. L'autre coup, on termine quatrième et le club décrète trois jours de bad trip collectif. Cette saison, on a plus de points. Pourtant on finit que sixième. Et on fête ça devant les quatrièmes qui pleurent toutes leurs larmes de leur corps. On veut bien essayer de terminer quatrième mais dans ce championnat, si on a un peu d'ambition, c'est la sixième place qu'il faut viser.

Pour récompenser les joueurs, pas d'hermines d'or cette saison. J'ai pas trouvé mieux qu'envoyer l'équipe dans un parc de distraction. J'aurais pas trouvé pire non plus. Dans le bus (toujours celui avec les vitres teintées pour pas qu’on devine qui qu’est dedans, mais avec un gros logo du club pour qu’on devine qui qu’est dedans un peu quand même), on a fait la fête. Autrement dit, on a tourné, tourné, tourné et encore tourné nos serviettes. Alors que la mienne entamait son dernier tour sous le regard intrigué de nombreux passants ne sachant guère ce qu’il se passait réellement à l'intérieur du car, j'ai béni l'entreprise Michaud, spécialisée dans les vitres teintées. Finalement, j'ai vite compris leur utilité : tu passes toujours pour un con, mais en comité réduit.

Comme parc de distractions, on a pris celui des princes. Pas celui avec les Boulogne Boys, non. Celui avec les 7 nains. A la descente du car, l'horreur : plein de mioches sûrement supporters lyonnais ont couru vers nous. Ils ont tous voulu prendre la pose avec Salma et Petter. « Hey, t'es plus blond que dans le dessin animé quand même. » Sans l'intervention du soldat Ravera, le mioche signait son arrêt de mort. « En revanche la Belle est aussi belle. » François-Henri, quand il parle, même ses postillons ont la classe.

Toute proportions gardées, Petter c'est notre Vincent Perrot. Les défis, il adore. « John, cap ou pas cap de soulever le bout de fer qui dépasse ? » Le bout de fer, c’était l’épée d’Arthur quand même. « Arthur ou pas, je m’en fous, on laisse pas traîner son cure-dent comme ça. Je peux le broyer pour le faire glisser ? » Punaise, déjà qu’au milieu de plein de mioches, tu passes pas inaperçu avec Hansson, si en plus il casse le matériel...! Finalement, il a sorti l’épée comme nous on sort d’une coupe, sans se fatiguer. Tout le monde a cru au trucage jusqu’à ce qu’Esteban perde un bras, puis deux, en essayant de tenir l‘épée. A son tour, John a essayé. L’épée est resté coincée dans la roche. Cela dit, comme John avait carrément arraché la roche du sol, il a un peu réussi le défi lui aussi.

Entre John et Petter, il y a une grande complicité. Et pas seulement parce que dit comme ça, on croirait lire le résumé d’un époisode des Feux de l’amour. Armoires à glaces peu commodes, John et Petter sont aujourd’hui unis comme les cinq doigts de la main dans ta face. « Je t‘arrache, tu m‘arraches, la barbichette, le premier de nous deux, qui dit aïe, aura une tapette. » Le cumul des mandales, c’est une idée de Saint-Sernin, du temps où il côtoyait des messieurs qui croyaient pouvoir travailler deux jours par jour. Mais gare aux débordements. « Petter, arrête tes conneries et remets Esteban où tu l’as trouvé, tu joueras avec une prochaine fois. » Petter a fait « Grmpf. » Esteban a fait « aïe.» Petter lui a donc remis une tapette. Mais là ils jouaient plus je crois.

Sans ses deux bras, et avec une jambe en bois, Roulianne s'ennuyait un peu. Petter, sensible à la tristesse du gamin qu’il venait de brusquer, lui a proposé de jouer à la marelle. Le seul jeu nécessitant qu'une jambe valide. Pour le marquage au sol, Petter a tracé les lignes avec son pied. Pour les trous dans le bitume, on dira que c'est Mickey qui teste son Hummer.

Bon, faut qu'on se casse, je crois qu'on s'est fait repérer. Mais la fête chez Mickey ne fait que commencer, à bientôt.