Bonjour tristesse. Novembre, novembre… Il y a des mois comme ça où l’on ferait mieux de rester dans sa chambre. Le 1er, on fête les morts. Valenciennes nous fout plus bas que terre. Et Salma Boy nous enfonce encore un peu plus : « La prochaine fois, jouez le 11, vous ferez peut-être la paix avec le football. » Il nous pique des colères, mais on le lui rend bien. On lui pique son argent.

Du coup, j’ai fait la leçon aux joueurs. « Le 11 novembre 1918, c’est la date de la signature de l’armistice à Compiègne. Coco Kembo, au lieu de te taper des barres transversales de rire avec Moussa, ça t’inspire quoi ce que je dis ? » « Bah écoute, il jouait quel poste ton Larmistisse ? Ca doit vraiment être une putain de recrue pour qu’on se souvienne encore de sa signature. » En fermant les yeux par dépit, j’ai vu les visages de Dieuze et Le Crom. C’est là que j’ai compris que j’avais touché le fond. Sauf qu’eux, ils creusaient encore.

Alpes, they need somebody
Le mieux est l’ennemi du bien, dit-on. Le pire est l’ami des mauvais, j’ai envie d’écrire. Alors plutôt que de pleurer sur notre sort, je ris sur celui des autres. Un tacle de Jemmali, c’est un sourire assuré. Un tir de Matsui, c’est le fou rire. Un match entier, c’est carrément trois boîtes de Prozac économisées. Pour les remercier, je pense leur prêter Echiejilé. Avec tous les points qu’il doit récupérer, y a moyen qu’il en mette de côté pour mon pote Mecha.



« Mais la Ligue 2 grâce à nous ! Ouais ! »


J'ai voulu le réconforter. Boulette. « Mecha, adopte la technique du "il y a pire que mon club", c‘est efficace. » « On aimerait bien mais… » J’ai raté une belle occasion de me taire. Dire que je critique Jimmy Briand... Mecha Bazdarevic, ça doit vouloir dire Macha Béranger en bosniaque. Quand il cause, tu sais que c’est grave. « Mais quand l’heure est grave, accorde-toi une minute de légèreté. Après, meuble les cinquante-neuf autres. » La positive altitude made in Stade des Alpes, ça pourrait être crédible. Pas quand t’as Tchatche.com et Flash Kado comme sponsors.

Je crois qu’après avoir lu tout ça, on peut dormir tranquille. Rennes est un grand club, suffit juste de savoir à qui le comparer. J’allais fermer les yeux, rassuré. Mais avant, j’ai reçu un appel contre-appel de Coco Kembo. « Monsieur le manager général, il faut que je vous dise, ma décision est prise, j’veux signer à Compiègne. » Bonne nuit tristesse.