Supierre Dréossi !

(aussi soigné qu'un tir de Bia, plus précis qu'une frappe de Briand, l'image ci-dessus vous est offerte par l'amicale des tireurs d'élite du Stade Rennais)

Magie de Disney, devinez qui l'on croise ? Boubou. Pas étonnant de le voir au pays de Bambi quand on a l’agressivité d’un petit Ourson. Grâce au Stade Rennais, je bénéficie d'un congé maladie, offert d'office à quiconque supporte le club. Mais en bon Stankoviste (du nom d'un ancien mineur de jeu soviétique), j’ai quand même pris soin de m'occuper de Gregou. Assurer le service après-vente de nos joueurs, c'est un peu mon nouveau job.

« Pierre, je veux tout plaquer. J'ai perdu mon football. » C’est triste. Mais que dire du football qui va sûrement perdre Bourillon ? C’est pas triste. Au moins, en passant d'espoir du football à retraité, on pourra pas dire que Boubou n'a pas franchi de pallier. En montant à Paris, il a juste pris l'ascenseur. « En une année dans ce club, j'ai pris dix ans. PSG, un autre monde, ok, mais abusé le décalage horaire de neuf ans. En plus, avec Villeneuve, on prend un mauvais virage. » Les blagues, c'est comme les mains, faut les signaler seulement quand elles sont volontaires.

Sous nos yeux, un bambin. Courant à Disney. Un bambin avec un maillot de Bourillon sur les épaules. Courant nulle part. « Je dois traverser Disney avec la crête de Lamine Sahko sans qu'on me dise que je suis ridicule. » Complètement béat, Bourillon préfèrer fixer la tunique du môme. « Le maillot ? Attendez, ne vous moquez pas. En fait, comme j'ai triché, je dois partir avec un handicap. » Boubou a pété un câble. Et quand Boubou pète un câble, il fronce les sourcils. Autrement dit, à part Riri, Fifi et Loulou, il a fait flipper personne.

Je suis pas si pourri que ça, j'essaie de lui remonter le moral à zéro. « Greg, sache que l’année prochaine, si le PSG descend en Ligue 2, on pensera à toi. » Il n'avait pas été autant heureux que depuis le jour où Ribéry lui avait promis que pour une fois, il ne lui ferait pas perdre son slip en le dribblant. « Si mon club descend en Ligue 2, ça voudrait dire que... Pierre, je te rappelle que je suis au PSG alors prépare mon contrat, je serai forcément de retouuur, ah ah ah ! ». Tout ça en rigolant et en me tapant sur l'épaule. Il a cru que j'étais son pote ou quoi ? « Mais qui te parle de revenir ? On a juste préparé une petite stèle en la mémoire du joueur de foot que tu étais. »

Daniel, qui rôdait tel le renard qu'il n'est pas, n’a pas apprécié ma façon de faire en matière de service après-vente des joueurs. « Vous abusez pour la stèle dédiée à Greg, nan ? » Hum. Je crois que je tiens déjà mon meilleur client pour l'année prochaine. « T’en fais pas, la tienne est en construction. En cours de finition. Tu sais, ceux auxquels t’es jamais venu. » Daniel, il a au moins ce don de Dieuze : il imite très bien Didier (l'homme-chien, pas DJ Drogba ça se saurait). Un soir, à Caen, il s’est retrouvé sur un terrain de Ligue 1 sans trop savoir pourquoi. A son entrée, tout le public s’est moqué de lui. A la dernière seconde du match, le ballon a rebondi sur sa gueule. Ça a fait but dans la foulée. Il a rien compris à ce qu’il se passait, mais il était content. Du Didier tout craché. Avec moins de flair, en moins technique et plus velu. Ok, les Portugais poilus, c'est un gros cliché. Mais les attaquants qui marquent aussi, alors. Enfin, Moreira n'est pas vraiment Portugais. De là à dire qu'il n'est pas vraiment attaquant, il y a un gouffre à franchir que je franchis les yeux fermés sur une jambe.