Si toi aussi tu veux t'éclater, respirer la joie de vivre, fais comme Bardon ou Le Lan : quitte Rennes et découvre Guingamp.

Puisqu'on est parti pour ne pas s'enflammer cette saison, on a décidé de faire un mini-stage à Guingamp, là où on s'emmerde vraiment. Au moins, ça prépare nos joueurs au prochain challenge qui s'offre à nous, à savoir conserver notre douzième place. Moi, si j'étais été un Platoche élu, j'instaurerais la Coupe d'Europe des clubs douzièmes. Je gagne, je perd, je gagne, je perd, faudrait sans arrêt s'ajuster au classement, ça nous irait parfaitement.

On a donc quitté le 35 pour le 22, le temps de quelques heures. C'était l'occasion d'utiliser notre beau car. Vous savez, celui avec, d'une part, les vitres teintées pour passer incognito et d'autre part, les deux gros logos et le STADE RENNAIS FOOTBALL CLUB rouge pétant. Si ça c'est pas de la connerie. Un Maradona dans une Fiat Panda sera toujours moins observé qu'un Roman Danzé dans une BMW, c'est pourtant bien connu.

Pendant le trajet, on a joué au Ni oui ni oui. C'est moi qu'ai commencé à poser les questions. J'ai demandé à Mensah, Melchiot, Edman et Bourillon s'ils voulaient quitter le Stade Rennais. J'ai gagné ! Ils ont tous répondu Oui !. J'étais trop content. Alors après chacun a demandé s'il pouvait jouer. J'ai utilisé la même technique que pour les Mensah et compagnie. Tout le monde a perdu, sauf Jacques qui m'a dit C'est déjà fait, j'ai signé à la Juve sans t'avoir mis au courant. J'ai failli tout casser, heureusement qu'après il a dit Oui quand je lui ai demandé si j'avais vraiment fait une connerie en devenant entraîneur. Quand j'ai raconté ça à Sorin et Redon, z'ont pas eu l'air très ravis. Jaloux, sans doute.

Comme le veut la tradition, le nouveau a dû chanter pour officiellement faire partie du groupe (comme le veut la tradition, le nouveau va déchanter quand il verra qui compose le groupe). Toi aussi tu veux savoir ce qu'a chanté Roulianne Esteban ? Toi aussi tu veux savoir s'il aura plus de chances de faire carrière dans la chanson que Basile Boli et Chris Waddle ? Ben, moi aussi, parce qu'ils ont fait ça sans moi. Figurez-vous qu'ils m'ont oublié sur une aire d'autoroute. Heureusement que c'était moi le chauffeur. Sont vraiment cons parfois, sachant qu'aucun des joueurs ne pouvait conduire. Dirigez des gros trucs qui avancent pas mais qui ont une belle gueule, ça me connaît, je pratique tous les ouikende. Et pan dans les dents, z'avaient qu'à pas m'emmerder.

Arrivés à Guingamp, on a décidé de visiter un peu le coin et notamment le musée consacré à l'histoire des alpinistes guingampais de 1215 à 1351. Ceux qui suivent auront compris que cette sortie s'inscrit dans une logique de préparation à une seconde partie de saison très ennuyeuse. Pour les autres qui seraient arrivés à la bourre de ce texte, petit résumé : Platoche, Panda, Ni oui, Boli. En gros. Je reprends. On a donc visité le musée et à ma grande surprise, mes joueurs étaient très intéressés par le sujet. M'emmerderont jusqu'au bout ceux-là. La prochaine fois je vous apporte un ballon, des chasubles, deux buts, onze Romorantinais et cette fois, vous devriez normalement vous montrer moins enthousisames. qu'euj'leur ai dit. Et pan. Ah ah, z'ont moins fait les malins. Je maîtrise mes sujets, j'peux vous l'dire.

Ensuite, je leur ai donné quartier libre mais que jusqu'à 18h55, on a quand même un match à préparer cinq minutes plus tard. J'ai profité de ce moment sans mes joueurs pour appeler Jean-Joël, à laisser en Angleterre. Tout va bien pour lui, le public rennais lui manque un peu mais sinon tout va bien. J'aurais voulu appeler Kim pour lui souhaiter la bonne année mais Jean-Michel Aulas m'a menacé, prétextant que je voulais affaiblir un concurrent direct et que mes méthodes étaient illégales. Alors j'ai appelé JMA pour lui dire franco : ''eh beh de toute façon, seul le résultat de demain compte et si le championnat n'avait eu lieu que le quatre novembre 2000, on serait champion malgré vous !. C'est fou comme il destabilise ce petit bonhomme, j'ai rien compris à c'que j'disais.

18h55 : J - 0, H - 0 M - 4 minutes. Discours d'avant-match. J'interroge par surprise Kévin Bru. Jean-Georges Le Graët, 1278, pic du Roudourou, 14 mètres d'altitude !. C'est un bon ce petit, il ira loin. J'avais dit ça à Yoann, il est parti à Milan. Parfois je m'impressionne. Mais parfois seulement. Par exemple, au moment de la causerie, j'ai été minable. J'avais pourtant bien révisé, "agressivité dans le bon sens du terme", "solidarité", "générosité", mais j'ai tout oublié. Tiens, vous noterez qu'avec les joueurs que j'ai, on se bat avec les qualités qu'on a. Un jour quand j'entraînerai Barcelone, en finale de Ligue des Champions, devant 90 mille personnes, face à Manchester, je pourrai parler dans d'autres termes. Bon trêve de rêve, j'ai coaché une équipe de losers pour un match amical devant 137 personnes face à une autre équipe de losers. Allez, je positive, c'est le métier qui rentre !